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Le blog de Jacques Chalmeau

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Ludwig van Beethoven Testament d'Heiligenstadt

21 Mai 2017 , Rédigé par Jacques Chalmeau

Voilà ce que Beethoven écrivit juste avant de composer la symphonie Héroïque en 1802.

Trois phrases essentielles pour comprendre ce grand homme:

  • C'est l'art et seulement lui, qui m'a retenu, ah ! il me semblait impossible de quitter le monde avant d'avoir fait naître tout ce pour quoi je me sentais disposé, et c'est ainsi que j'ai mené cette vie misérable – vraiment misérable
  • recommandez à vos enfants la vertu, elle seule peut rendre heureux, pas l'argent
  • adieu et ne m'oubliez pas tout à fait une fois mort, j'ai mérité cela de vous, parce que j'ai souvent, dans ma vie, pensé à vous rendre heureux, soyez-le

Ici le texte intégral de ce "testament" à lire après sa mort.

Pour mes frères Carl et [Johann][1] Beethoven.

Ô vous ! hommes qui me tenez pour haineux, obstiné, ou qui me dites misanthrope, comme vous vous méprenez sur moi. Vous ignorez la cause secrète de ce qui vous semble ainsi, mon cœur et mon caractère inclinaient dès l'enfance au tendre sentiment de la bienveillance, même l'accomplissement de grandes actions, j'y ai toujours été disposé, mais considérez seulement que depuis six ans un état déplorable m'infeste, aggravé par des médecins insensés, et trompé d'année en année dans son espoir d'amélioration. Finalement condamné à la perspective d'un mal durable (dont la guérison peut durer des années ou même être tout à fait impossible), alors que j'étais né avec un tempérament fougueux, plein de vie, prédisposé même aux distractions offertes par la société, j'ai dû tôt m'isoler, mener ma vie dans la solitude, et si j'essayais bien parfois de mettre tout cela de côté, oh ! comme alors j'étais ramené durement à la triste expérience renouvelée de mon ouïe défaillante, et certes je ne pouvais me résigner à dire aux hommes : parlez plus fort, criez, car je suis sourd, ah ! comment aurait été-t-il possible que j'avoue alors la faiblesse d'un sens qui, chez moi, devait être poussé jusqu'à un degré de perfection plus grand que chez tous les autres, un sens que je possédais autrefois dans sa plus grande perfection, dans une perfection que certainement peu de mon espèce ont jamais connue – oh ! je ne le peux toujours pas, pardonnez-moi, si vous me voyez battre en retraite là-même où j'aurais bien aimé me joindre à vous. Et mon malheur m'afflige doublement, car je dois rester méconnu, je n'ai pas le droit au repos dans la société humaine, aux conversations délicates, aux épanchements réciproques ; presque absolument seul, ce n'est que lorsque la plus haute nécessité l'exige qu'il m'est permis de me mêler aux autres hommes, je dois vivre comme un exilé, à l'approche de toute société une peur sans pareille m'assaille, parce que je crains d'être mis en danger, de laisser remarquer mon état – c'est ainsi que j'ai vécu les six derniers mois, passés à la campagne sur les conseils avisés de mon médecin pour ménager autant que possible mon ouïe ; il a presque prévenu mes dispositions actuelles, quoique, parfois poussé par un instinct social, je me sois laissé séduire. Mais quelle humiliation lorsque quelqu'un près de moi entendait une flûte au loin et que je n'entendais rien, ou lorsque quelqu'un entendait le berger chanter et que je n'entendais rien non plus ; de tels événements m'ont poussé jusqu'au bord du désespoir, il s'en fallut de peu que je ne misse fin à mes jours. C'est l'art et seulement lui, qui m'a retenu, ah ! il me semblait impossible de quitter le monde avant d'avoir fait naître tout ce pour quoi je me sentais disposé, et c'est ainsi que j'ai mené cette vie misérable – vraiment misérable ; un corps si irritable, qu'un changement un peu rapide peut me faire passer de l'euphorie au désespoir le plus complet – patience, voilà tout, c'est elle seulement que je dois choisir pour guide, je l'ai fait – durablement j'espère, ce doit être ma résolution, persévérer, jusqu'à ce que l'impitoyable Parque décide de rompre le fil, peut-être que cela ira mieux, peut-être non, je suis tranquille – être forcé de devenir philosophe déjà à 28 ans, ce n'est pas facile, et pour l'artiste plus difficile encore que pour quiconque – Dieu, tu vois de là-haut mon cœur ; tu le connais, tu sais que l'amour des hommes et un penchant à faire le bien y habitent, – ô hommes ! lorsqu'un jour vous lirez ceci, songez que vous vous êtes mépris sur moi ; et que le malheureux se console d'avoir trouvé un semblable, qui malgré tous les obstacles de la nature, a pourtant fait tout ce dont il était capable pour être admis au rang des artistes et des hommes de valeur – vous, mes frères Carl et [Johann], dès que je serai mort et si le Professeur Schmidt vit encore, priez-le en mon nom de décrire ma maladie, et joignez son récit à cette présente feuille, afin qu'au moins le monde se réconcilie autant que possible avec moi après ma mort – en même temps, je vous déclare ici tous deux héritiers de ma petite fortune (si l'on peut l'appeler ainsi), partagez-la loyalement, et supportez-vous et aidez-vous l'un l'autre, tout ce que vous avez fait qui me répugnait, vous le savez, vous a été pardonné depuis longtemps, toi frère Carl, je te remercie encore particulièrement pour l'attachement que tu m'as témoigné ces tout derniers temps, je vous souhaite une vie meilleure et moins soucieuse que la mienne, recommandez à vos enfants la vertu, elle seule peut rendre heureux, pas l'argent, je parle par expérience, c'est elle qui même dans la misère m'a élevé, je la remercie autant que mon art, pour m'avoir fait éviter le suicide – adieu et aimez-vous, – je remercie tous mes amis, en particulier le Prince Lichnowski et le Professeur Schmidt. – Je souhaite, si vous le voulez bien, que les instruments du Prince L. soient conservés par l'un de vous, mais qu'il ne s'élève à cause de cela aucune dispute entre vous, dès qu'ils pourront vous être utiles, vendez-les tout simplement, comme je serais heureux de pouvoir encore vous rendre service sous la tombe – s'il en va ainsi, c'est avec joie que je m'empresse vers la mort – mais si elle vient avant que je n'aie eu l'occasion de faire éclore toutes mes facultés artistiques, alors, malgré ma rude destinée, elle vient encore trop tôt, et je la souhaiterais volontiers plus tardive – pourtant, ne serais-je pas alors aussi content, ne me délivrerait-elle pas d'une souffrance infinie ? – viens quand tu veux, je vais courageusement vers toi – adieu et ne m'oubliez pas tout à fait une fois mort, j'ai mérité cela de vous, parce que j'ai souvent, dans ma vie, pensé à vous rendre heureux, soyez-le –

Ludwig van Beethoven, Heiligenstadt, le 6 octobre 1802.


Heiligenstadt, le 10 octobre 1802. – Ainsi je te fais mes adieux – et certes tristement – oui, à toi, espérance aimée – que je portais avec moi jusqu'à présent – l'espérance d'être guéri au moins jusqu'à un certain point – elle doit maintenant me quitter complètement, comme les feuilles d'automne tombent et se flétrissent, elle aussi est morte pour moi, presque comme je suis venu ici – je m'en vais – même le grand courage – qui m'animait souvent durant les beaux jours d'été – il a disparu – ô Providence ! – laisse-moi une fois goûter la joie d'un jour pur – cela fait si longtemps que la résonance intérieure de la vraie joie m'est étrangère – oh ! quand – oh ! quand, ô Dieu ! – pourrai-je dans le temple de la nature et des hommes l'éprouver à nouveau ? – Jamais ? – Non – oh ! cela serait trop difficile.

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La tournée d'été 2017 de l'Orchestre Phiharmonique du Pays d'Aix (OPPA)

15 Mai 2017 , Rédigé par Jacques Chalmeau Publié dans #Agenda, #Oeuvres

Eroïca

Ludwig van Beethoven (1770-1827)

  • Ouverture de Coriolan Opus 55 en Do mineur
  • Symphonie N° 3 « Héroïque » en Mi b majeur opus 55

Direction musicale : Jacques Chalmeau

 

datecommunehorairelieu
mercredi 21 juin 2017Vitrolles21h00Théâtre de Verdure
vendredi 23 juin 2017Mimet21h00Château-Bas
samedi 24 juin 2017Puyloubier21h30Théâtre de Verdure
dimanche 25 juin 2017Venelles21h00Parc des sports Maurice Daugé
mardi 27 juin 2017Bouc Bel Air21h00Jardins d'Albertas
vendredi 30 juin 2017Gréasque21h00Théâtre de Verdure
samedi 1 juillet 2017Vauvenargues21h00Théâtre de Verdure
dimanche 2 juillet 2017Coudoux21h00Château de Garidel
jeudi 6 juillet 2017Rognes21h00Carrières de Rognes
vendredi 7 juillet 2017Peyrolles en Provence21h00Cour du Château
samedi 8 juillet 2017Châteauneuf-le-Rouge21h00Cour du Château
dimanche 9 juillet 2017Saint-Estève Janson21h00Théâtre de Verdure

 

 

Symphonie n°3 en Mib Majeur opus 55, dite « Héroïque ».

En 1802, Beethoven a trente-deux ans. La maladie qui va le rendre complètement sourd progresse inexorablement. A cause de ce drame et d’une vie sentimentale malheureuse, il envisage nettement le suicide comme seule et unique solution. Il écrit à ses frères ce testament que l’on ne retrouvera qu’après sa mort, connu comme celui d’Heiligenstadt, petite bourgade près de Vienne où son médecin l’a envoyé pour tenter une rémission devant l’inéluctable. Il ne peut accepter de vivre selon lui, banni de la société. Et pourtant à peine ces pages écrites, il couche sur son carnet d’esquisses les premières notes du thème de l’Héroïque, cette symphonie pleine d’espoir, forte et puissante, d’abord écrite à la gloire de Bonaparte, et qui sera longtemps sa préférée. C’est donc la politique, sujet essentiel dans ses préoccupations quotidiennes, qui va redonner goût à la vie à ce malheureux proche de l’irréparable. Celui qui allait devenir Napoléon pour son plus grand désagrément, représentait alors pour lui l’égal des grands consuls Romain, celui qui avait su rétablir l’ordre face au chaos révolutionnaire, celui enfin qui, sur la base de principes républicains, allait apporter le bonheur au genre humain. La symphonie allait donc s’appeler Bonaparte, tout simplement. L’annonce du futur couronnement de son héros déclencha chez Beethoven une fureur indescriptible. Il comprit (!) subitement que seuls, l’ambition et le goût du pouvoir, guidaient Bonaparte. La symphonie devint donc écrite : à la mémoire d’un grand homme… sans autre précision.

 

Ouverture de Coriolan Opus 62

L’ouverture de Coriolan s’inscrit parfaitement dans le style héroïque de la 3ème symphonie. La tonalité (Do mineur) est proche et son discours volontairement dramatique n’est pas sans évoquer certaines pages et développement de l’œuvre principale de ce programme. Elle lui est légèrement postérieure chronologiquement. L’histoire de ce général romain qui doit choisir entre son devoir de chef militaire et sa famille et accepte finalement une capitulation qui allait le mener au suicide, ne pouvait que toucher les sentiments du musicien déçu par le général ambitieux qu’il avait tant idéalisé et qui lui, préféra toujours d’abord son destin guerrier. Beethoven met magistralement en musique ce renoncement. Il ne peut qu’avoir pensé à Napoléon Bonaparte en écrivant cette musique qui reste l’une des plus célèbres du compositeur Viennois, tout comme l’Héroïque d’ailleurs.

Jacques Chalmeau

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Dvorak Danse slave n°2 opus 72 Dumka

10 Février 2017 , Rédigé par Jacques Chalmeau

Dvorak Danse slave n°2 opus 72 (Dumka)

Le bis du concert de l'OPPM au Pharo de Marseille le 05 février 2017.

 

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L'interview de Philippe Gueit sur Provence Classique

22 Janvier 2017 , Rédigé par Jacques Chalmeau

Si vous voulez me connaître un peu mieux....

https://www.facebook.com/provenceclassique/videos/318132155250725/

 

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Le site de l'OPPM est en ligne

13 Décembre 2016 , Rédigé par Jacques Chalmeau

Le nouveau site de la Philharmonie Provence Méditerranée (OPPM) est en ligne.

Retrouvez toute l'activité de l'orchestre, de l'académie philharmonique et des concerts de musique de chambre sur:

www.philharmonie-provence-mediterranee.com

 

 

 

 

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CONCERT BRAHMS MULLER-BRUNIER-CHALMEAU

13 Décembre 2016 , Rédigé par Jacques Chalmeau

 

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MUSIQUES POUR CLARA

22 Novembre 2016 , Rédigé par Jacques Chalmeau Publié dans #Agenda, #Oeuvres

Le "Gewandhaus" de Leizig avant le batiment "moderne" que nous connaissonsLe "Gewandhaus" de Leizig avant le batiment "moderne" que nous connaissons

Le "Gewandhaus" de Leizig avant le batiment "moderne" que nous connaissons

L'ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DU PAYS D'AIX DEMARRE PROCHAINEMENT SA TOURNEE D'HIVER

vendredi 6 janvier 2017Saint-Cannat20h30Salle du 4 septembre
samedi 7 janvier 2017Aix-en-Provence20h30GTP
dimanche 8 janvier 2017Le Puy Sainte-Réparade19h00Gymnase
vendredi 13 janvier 2017Les Pennes Mirabeau21h00Salle Tino Rossi
samedi 14 janvier 2017Fuveau19h00Gymnase
dimanche 15 janvier 2017Pertuis17h00Gymnase Verdun Ouest
vendredi 27 janvier 2017Peynier21h00Centre Socio Culturel
samedi 28 janvier 2017Simiane-Collongue21h00Centre Socio Culturel
dimanche 29 janvier 2017Jouques17h00Foyer Socio-Culturel

Direction musicale: Jacques CHALMEAU

Entrée libre sauf au Grand Théâtre de Provence, réservation conseillée dans les services culturels des communes suivantes: Les Pennes Mirabeau, Pertuis, Simiane-Collongue, Jouques.

Programme Schumann: Musiques pour Clara

C’est à Leipzig, grande et célèbre ville du Nord Est de l’Allemagne dotée d’une solide tradition musicale, où Jean Sébastien Bach a composé une partie importante de sa musique lorsqu’il était cantor de l’église St Thomas, que Robert Schumann s’installe avec sa famille dans un joli appartement d’une petite rue tranquille de cette prestigieuse capitale artistique qui a vu naître Richard Wagner. L’orchestre du Gewandhaus existe depuis près d’une cinquantaine d’années, il est dirigé par Mendelssohn, et est considéré déjà à l’époque comme l’une des premières formations d’orchestre d’Europe. Arthur Nikisch, Bruno Walter et Wilhem Fürtwangler feront partie des futurs directeurs musicaux avant Kurt Masur qui restera à ce poste pendant vingt ans avant de rejoindre plus tard l’Orchestre national de France à Paris.

Les Schumann sont jeunes mariés et ont déjà un premier enfant. Robert a composé essentiellement pour le piano avec un succès mitigé, mais a rencontré plus de succès avec ses cycles de lieder qui commencent à connaitre une renommée mondiale.

Clara est fille de l’éminent professeur Viennois Friedrich Wieck. Elle est brillante et s’impose rapidement comme l’une des virtuoses les plus réputées de son temps. Grand amie et admiratrice de Liszt et de Chopin et plus tard de Brahms, elle est non seulement l’interprète quasi exclusive des œuvres de son mari, la mère de leurs huit enfants (!) mais aussi, à cette époque de la vie de Schumann, son inspiratrice, sa muse, son plus grand soutien et celle qui le pousse à écrire de la musique symphonique. Schumann inspiré par cette dévotion totale et ce talent hors norme, va se jeter totalement dans cette nouvelle forme qu’est la symphonie, en réussissant immédiatement à composer des œuvres originales et fortes qui vont inspirer toute la jeune génération allemande et même européenne. Les quatre symphonies font parties des chef-d ’œuvres absolus parmi les plus enregistrés de l’histoire du disque.

L’Orchestre Philharmonique du Pays d’Aix que j’ai la chance et l’honneur de diriger n’avait pas encore abordé dans sa programmation la musique de Robert Schumann. 

Je suis très heureux et très fier de pouvoir rendre hommage cette nouvelle saison, à ce génie exceptionnel et à Clara…

·        Symphonie n°1 opus 38 Le Printemps en Sib Majeur.

·        Symphonie n°4 opus 120 en Ré mineur (version de 1851).

 

 

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Pierre Chalmeau sort son premier disque consacré à Louis Couperin

6 Janvier 2016 , Rédigé par Jacques Chalmeau

Pierre Chalmeau sort son premier disque consacré à Louis Couperin

https://youtu.be/ElQ3RbReyuM

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